Le syndicat alerte sur une perte de pouvoir d’achat massive et appelle à une revalorisation urgente du point d’indice

La formule est volontairement imagée, mais elle se veut explicite. Pour la FSU, la question des rémunérations dans la fonction publique reste « l’éléphant au milieu de la pièce » : un problème central, connu de tous, mais que les politiques publiques peinent encore à traiter de front.
Le constat dressé par le syndicat est sans appel. En vingt ans, la rémunération des agents publics aurait reculé d’environ 20 % en pouvoir d’achat. Là où, dans les années 1990, un agent de catégorie A — enseignant ou attaché territorial, par exemple — pouvait espérer gagner jusqu’à deux fois le SMIC, ce rapport est aujourd’hui tombé à environ 1,2.
Une évolution qui, selon la FSU, s’accompagne d’un appauvrissement global des perspectives de carrière. Les catégories A, B et C seraient désormais confrontées à des parcours de plus en plus contraints, avec peu d’évolution possible. Dans le même temps, la part des personnels précaires augmente, exposant davantage les agents à des formes de pression et d’instabilité.
Autre point soulevé : la dimension genrée de ces métiers. La fonction publique repose en grande partie sur des professions majoritairement exercées par des femmes, souvent marquées par des temps partiels subis ou des interruptions de carrière. À qualification et niveau de responsabilité équivalents, ces métiers restent moins bien rémunérés que ceux occupés majoritairement par des hommes. Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ou les professionnels de la petite enfance en sont régulièrement cités comme exemples.
Dans ce contexte, les discours sur la qualité de vie au travail peinent à convaincre. Pour la FSU, ils ne suffisent pas à masquer ce qu’elle considère comme le principal obstacle à l’attractivité des métiers publics : le niveau des rémunérations. Un frein qui se fait sentir à tous les niveaux, des difficultés de recrutement à la baisse du nombre de candidats aux concours, en passant par le découragement d’agents déjà en poste.
Face à ces constats, le gouvernement a récemment annoncé l’ouverture d’un chantier de réflexion sur les carrières et les rémunérations dans la fonction publique. Une initiative que la FSU dit accueillir avec prudence mais détermination. Le syndicat entend s’y engager pleinement, tout comme dans les discussions en cours autour du travail, de l’emploi et des retraites.
Mais pour ses représentants, la priorité reste claire. Au-delà des concertations, c’est une mesure immédiate qui est attendue : la revalorisation du point d’indice. « Il faut d’urgence augmenter sa valeur », insiste la FSU, qui en fait la condition indispensable pour enrayer le décrochage des rémunérations.
Derrière cette revendication, c’est une inquiétude plus large qui s’exprime. Pour le syndicat, la question salariale dépasse le seul cadre des agents publics : elle engage, à terme, la capacité même des services publics à fonctionner et à répondre aux besoins de la population.
« C’est l’avenir de nos services publics qui en dépend », conclut la FSU, en appelant à ne plus contourner ce qu’elle considère comme le cœur du problème.