La FSU dénonce un recul des droits et un « message de défiance » envoyé aux agents

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À quelques jours d’une nouvelle réunion du Conseil commun de la fonction publique, la tension monte autour du projet de réforme des autorisations spéciales d’absence (ASA). Porté par le gouvernement comme une mesure d’harmonisation, le texte est vivement contesté par les organisations syndicales, qui y voient au contraire une remise en cause des droits des agents.

Dans une déclaration liminaire, la FSU accuse l’exécutif de s’engager dans une logique de réduction des droits. « Le gouvernement s’entête à maltraiter les personnels, la FSU s’entête à les défendre », résume le syndicat, qui dénonce un « nouveau message de défiance » adressé à la fonction publique.

Le projet de décret, examiné le 9 avril, a d’ailleurs été rejeté à l’unanimité par les représentants syndicaux. Une opposition nette qui n’a pas empêché le gouvernement de maintenir sa ligne. Officiellement, il s’agit d’unifier les pratiques en matière d’autorisations d’absence pour événements familiaux ou liés à la parentalité. Mais pour la FSU, cette volonté d’harmonisation masque mal une intention plus restrictive.

Aujourd’hui, une certaine souplesse existe dans l’organisation des services. Les chefs de service disposent d’un pouvoir d’appréciation qui permet, dans certaines situations, d’accorder des absences en fonction des contraintes personnelles des agents. Cette marge de manœuvre pourrait disparaître avec le nouveau texte, qui encadre plus strictement les cas autorisés. Des situations jusqu’ici tolérées, comme la possibilité de s’absenter pour des obsèques en compensant son temps de travail, pourraient ainsi ne plus être prises en compte.

Les syndicats assurent avoir tenté de faire évoluer le projet. La FSU indique avoir déposé plusieurs amendements visant à préserver les droits existants et à mieux prendre en compte les réalités actuelles, notamment les évolutions des structures familiales ou les contraintes spécifiques de certains métiers. Elle dit également avoir soutenu d’autres propositions allant dans le même sens. Toutes ont été rejetées.

Ce refus alimente un sentiment de crispation dans un contexte déjà tendu. Au-delà du texte, la FSU dénonce une vision plus globale de la fonction publique, qu’elle juge « démagogique » et déconnectée des réalités du terrain. Le syndicat craint une dégradation des conditions de travail et un affaiblissement du lien entre vie professionnelle et vie personnelle.

La procédure n’est toutefois pas achevée. Après le vote défavorable, le Conseil commun de la fonction publique doit être de nouveau convoqué. La FSU prévient qu’elle continuera de défendre ses positions et se dit prête à intensifier la mobilisation si le texte reste inchangé.

Ce dossier s’inscrit dans une séquence plus large de revendications portées par le syndicat. En parallèle des discussions sur les ASA, la FSU entend peser sur les négociations en cours autour de l’égalité professionnelle, avec des demandes portant notamment sur la santé au travail, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ou encore l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, l’organisation met également en avant sa progression ces dernières années. Créée en 2021 avec l’ambition d’être indépendante et centrée sur la défense des agents, elle revendique aujourd’hui une hausse significative du nombre de ses adhérents et une présence renforcée dans les instances locales.

Ses responsables évoquent des actions concrètes menées sur le terrain : accompagnement juridique d’agents, interventions sur les conditions de travail, mobilisation sur les rémunérations ou encore participation à des mouvements sociaux. En 2024, plusieurs grèves ont ainsi été organisées dans un contexte de réformes contestées.

Fort de cette dynamique, le syndicat entend poursuivre son développement et porter ses revendications sur les prochaines années. Pouvoir d’achat, conditions de travail, reconnaissance des parcours professionnels ou santé au travail figurent parmi ses priorités.

À l’approche des échéances à venir, la FSU appelle les agents à se mobiliser. « Nous ne sommes pas là pour faire de la politique, mais pour défendre les personnels », insiste-t-elle, affirmant vouloir continuer à « agir, défendre et obtenir des résultats ».

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